FRA4-facebook-31052019 : vol du 9 avril - Paraglide - Laurie Genovese

Récit du vol du 9 avril, faut aimer la lecture...

Ca fait quelques lignes avec celui de Laurie Genovese !

A suivre avec le lien Doarama, avec nos deux traces ;)

 

Acte I: La comète

 

La veille, nous échafaudions des plans sur la comète avec Laurie et Jon pour savoir que faire de la seule journée réellement intéressante de la semaine pour un peu de cross.

Au vu des prévisions et de l'enneigement, optimistes de nature (niveau parapente), nous avions lancé notre dévolu sur un triangle FAI depuis Marlens, direction Grenoble par la voie classique (lire entre les lignes: chiante mais rentable) pour ensuite se lancer direction le Bugey en passant au-dessus de chez monsieur Cazaux qui est à l'origine de ces premiers parcours originaux, pour rentrer par la plaine entre Sapenay et Semnoz.

 

Acte II: Les faces est

Le matin, Jon prétextant d'un rhum(e) de grand père et d’une nuit trop courte reste à St Hil. Nous filons donc les deux à Marlens, sentant déjà l’adrénaline du cumulus de 8h15 au charbon se déverser dans mes veines. Il est vrai que trop de plaine ces derniers temps me donne une grande envie de montagne.

 

Juste après 10h, nous voilà en l’air. Un peu tôt… Les bulles s’évanouissent vite. Laurie se fait un peu piéger, et va racler la pente sous le décollage pendant que je m’extirpe doucement des basses couches, content d’enfiler de nouveau l’habit du crosseur plutôt que celui du compétiteur (qui sécherait d’ailleurs 2 à 3 heures de plus au décollage).

Depuis les faces est du Meruz, je la surveille, retardant mon extraction pour la laisser me rattraper, profitant de quelques passages sous le Charvin qui a la tête dans les nuages.

Une heure après notre décollage, nous pouvons enfin quitter les lieux.

 

L’objectif du début de vol: bourriner dans les faces est des Bauges puis de la Chartreuse.

La masse d’air est instable, et nous jouons du barreau et des B, le stab dans le caillou. Comme reprise du vol en montagne, il n’y a pas mieux !

Nous effaçons l’Arclusaz, puis Montlambert, et transitons sur la Chartreuse. Aucune difficulté au raccrochage tout est allumé même si l’on peut déjà noter une bonne présence de (ce que je pensais être) la brise en basse couche.

Jusque là, cher lecteur, tu te dis: « encore un qui nous raconte le énième aller-retour à Grenoble de l’histoire du parapente ». Et c’est pas faux ! Mais ça va se corser un peu…

 

Avant Barraux, on monte sur la marche supérieure pour pouvoir écraser encore un peu plus.En vérité, Laurie écrase plus fort que moi, obligé de gérer les facéties des 8 d’allongement au-dessus de ma tête. J’y laisse quelques litres de transpi et des crampes aux avants bras à force de boxer mes B.

 

Je ne vous ferai pas l’affront de vous raconter l’aller retour à la Bastille (où il y avait un thermique juste énooorme), c’est quand même pas bien compliqué, surtout aujourd’hui où l’on a plus de mal à ne pas croquer le nuage qu’autre chose.

Parce que les nuages ne sont pas bien hauts, 1700m maximum de plafond, et nous ferment l’intérieur de la chartreuse, nous obligeant à reporter notre décision de bascule dans le Bugey lorsque nous seront de retour au Granier.

A la Dent de Crolles, nous laissons derrière nous la barre des 100kms, avalés en 2h45 depuis notre premier plafond au Charvin.

 

Acte III: La vue sur le Bugey, par le col...

 

Première petite erreur de retour dans les faces est: on reste un peu trop scotchés dans le mode course et on oublie de monter.

Je ne m’en sors pas mal, et attends Laurie une vingtaine de minutes au Granier, ayant tout loisir de contempler l’énorme pluie qui s’abat dans tout le massif des Bauges, les plafonds bas qui semblent vouloir nous barrer la route du Bugey, et me pisser dessus pour la 2ème fois du vol à cause ce foutu penilex qui s’est débranché. Le bonheur !

 

Le Pas de la Fosse est dans l’ombre, et nous ne trouvons que de faible Vz qui nous lâchent à 1600m avant de forcer le col d’Aiguebelette. Je tente la ligne sous le vent du Mont-Grêle, où deux cumulus viennent de se former. La ligne porte, je sors le museau en direction du col… et tombe dans le bon -4m/s tant redouté. D’expérience, celui-ci ne va pas s’arrêter. C’est une belle et vraie vague descendante !

Demi-tour toute ! La face ouest nous récupère bien mal en point mentalement. Que faire ? Tenter de nouveau alors que Jon vient de nous dire en radio que le nord-ouest était fort dans l’avant pays savoyard ? Ou rentrer par la Lauzière encore au soleil alors que les bauges sont toujours noyées sous la pluie ?

Nous optons pour le retour.

 

Acte IV: La plaine !!

Mais voilà le retour depuis le Pas de la Fosse… Toute une histoire. Le Granier s’est éteint, trop longtemps à l’ombre et sous un léger grain.

Une seule issue: la plaine. Putain, non, pas la plaine, pas ça !!

Mais disons que nous n’avons pas beaucoup de choix.

Nous nous lançons dans un glide désespéré en direction de la Rochette. Il va nous falloir quelque chose si l’on veut raccrocher la crête des tours Montmayeurs…

Une bulle part dans la divergence de brise au-dessus de Cernons et nous offre un petit répit, profitant de la dérive qui nous rapproche de notre salut.

Mais bien vite, un peu trop ténue, elle nous lâche et nous nous jetons au-dessus du village des Mollettes. Une micro butte délivre un infâme soaring au-dessus des grilles pain et des arbres secoués par le vent. 50 mètres au dessus du sol, nous n’avons aucun droit à l’erreur.

La Boom se met à gigoter et m’emmène dans un pétard que je fisse comme si ma vie en dépendait (n’ayant pas très envie de faire du stop sans le short de rechange que j’ai normalement toujours avec moi). Laurie aura encore le droit à une petite vingtaine de minutes de survie supplémentaire…

 

Je peux souffler un peu, confortablement appuyé sur ma petite crête salvatrice. Je rassemble mon esprit et tente de comprendre pourquoi une rue de cums se promène comme ça au milieu de la vallée de Montmélian: Le nord, probablement aidé par les pluies récentes coule des bauges par le col de la Marocaz et celui du Frêne, et vient à la rencontre de la brise de vallée.

Je monte dans la confluence, observant un peu la dégénérescence des congestus sur le Grand Arc et le Pourri qui fermera bientôt la route du retour par cette voie. Les bauges sont de nouveau au soleil et en train de se réallumer. J’y fonce !

 

Acte V: Lutte contre le vent

 

Mais trop gourmand, je quitte trop tôt la belle zone et pars sur le Charvet. J’y rencontre le nord qui vient me couler dessus abondamment et m’oblige à battre en retraite. Après 7h de vol, je digère un peu mal la boulette, mais revient dans le 5m/s que Laurie marque en plein milieu de vallée. C’est n’importe quoi !

Nos 2000m ne seront pas de trop pour forcer le passage et retrouver l’appui de la face ouest du Mont Pelat, porte d’entrée des Bauges. La route semble toute cuite, mais le vent du nord soutenu ne veut pas rendre les armes.

Dégommage en règle au Colombier, nord-est sur le Julioz qui nous lessive sur le Chabert où une espèce d’ogive nucléaire se cache. Enfin le Roc des Boeufs ! Mais, alors que je scanne le ciel annécien, je ne vois pas une voile. Personne en vol à Annecy, alors que des cums trônent au-dessus de la Tournette !

Je comprends vite, à la vue d’un pilote décollant de Planfait, que le vent en basse couche est bien fort. J’envisage le tour par la Forclaz, mais à 19h j’ai plutôt envie de tirer tout droit.

 

Nous voilà donc à Planfait, dans des conditions infâmes. A la vue des mouvements de la voile de Laurie, J’hésite même à me coller dans le caillou. Le flux est nord-est, le secteur est donc carrément mauvais.

J’abdique à moitié en cherchant la confluence souvent présente dans ces conditions derrière le Veyrier. Je la trouve mais elle est bien faible.

Laurie finit par sortir aux Lanfons pendant que je reviens sur un petit appui sous le décollage.

Je rassemble ce qui reste de ma motivation pour tenter d’aller boucler alors que les ombres s’allongent dans le fond de vallée.

Je prends l’appui qui m’emmène à Rovagny, puis aux Américains, puis… A Vesonne où bien collé dans les falaises je trouve des bouts d’appuis qui allongent mon long plané. Je me jette derrière l’éperon de Faverges où je tombe sur le petit rotor qui est quelquefois exploitable un kilomètre sous le vent. La dérive me rapproche de l’atterrissage. J’échouerai à un champs de ce dernier, content de la bataille mais aussi heureux de retrouver la terre ferme après 9h30 d’un vol remuant. Pendant que Laurie s’offre la Tournette sous le grésil.

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